Le Domaine dans le temps

Depuis plus de 1 500 ans, Senercy est un haut lieu de vie. Passer un séjour au Domaine vous plongera dans le temps. Vous pourrez en vous promenant dans le parc découvrir l'histoire de celles et ceux qui y ont vécu.

La genèse de Senercy - IIè Siècle Av -JC

Senercy vient du mot Senantes qui indique un lieu habitué, et fréquenté par les ministres de la religion gauloise. Il y a deux ou trois mille ans, c'était un des lieu les plus mystérieux de la contrée.
Senercy a été le lieu d'un sanctuaire druidique au temps de l'indépendance de la Gaule.

La genèse de Senercy - IIè Siècle Av -JC

Les romains à Senercy - IIIè siècle Ap - JC

Haut lieu de passage, la route conduisant à l'ancien château était une voie romaine. M. Millot, ancien propriétaire, aidé par l'archéologue M. Eck, ont trouvé dans une pièce de terre le 4 novembre 1891 une monnaie en or de l'Empereur Domitien au revers de PRINCES IVVENTVT Femme.
Aux abords de Senercy, deux belles fibules, c'est à dire des agrafes en or de Charles-le-Chauve ont été trouvé. Celle-ci sont gravées dans le 2ème volume page 255, des Antiquités et Monuments du département de l'Aisne.

Les romains à Senercy - IIIè siècle Ap - JC

Senercy : cimetière Mérovingien - VIè Siècle

En 1908, Pol BAUDET archéologue, prouve l'existence d'un dolmen à Senercy. Celui-ci était composé de plusieurs dalles de couvertures posées sur des pierres verticales (les orthostates). Ces dolmens étaient des monuments funéraires ayant abrité des sépultures collectives. On trouva aux abords de Senercy des épées, des casques, et des bijou. Témoignage irréfutable de l'occupation des lieux depuis l'Antiquité jusqu'à aujourd'hui.

Senercy : cimetière Mérovingien - VIè Siècle

La donation du roi Henri Ier du Domaine de Senercy - 1047

Baudouin alors Chancelier du roi des francs Henri Ier fait donation "pour le remède de son âme" à l'Évêque de Laon en 1047 du fief de Senercy et ses 45 hôtes.
Ce sont les premières traces écrites faisant allusion au Domaine.

La donation du roi Henri Ier du Domaine de  Senercy - 1047

L'abbaye Saint-Prix et Senercy - 1067

Elinand, évêque de Laon, dans un fynode tenu en 1067, donne à l'Abbaye Saint-Prix l'autel de Senercy avec exemption du perfonnat.
Le Domaine resta la propriété de l'Abbaye jusqu'à la Révolution.

L'implantation du Moulin de Senercy - XIè Siècle

Les premiers moulins à eau, à roue apparaissent au Ier siècle avant notre ère.
À Senercy, l'implantation du moulin remonte au XIème siècle. Dans la Charte de 1047, Baudouin fait donation à l’Évêque de Laon du Domaine de Senercy qu'il tenait en fief des comtes de Vermandois. C'est la première fois que l'on voit couché par écrit la description du Moulin.
La Carte de Cassini au XVIIIème siècle le pointe, ce qui montre qu'il était d'une importance considérable pour l'époque.

La Commanderie des Templiers de Senercy - XIIème siècle

Senercy a un passé religieux important.
Les templiers y avaient une commanderie, et l'on trouvait encore au XVIIème siècle une maladrerie. Les fondations se voyaient encore jusqu'à la fin du XIXème siècle.
L'ordre du Temple était une organisation religieuse et militaire issue de la chevalerie chrétienne. Les Templiers établissent des commanderies à partir du 13 janvier 1129 et jusqu'au Concile de Vienne en 1312.
Senercy a été le lieu de vie de templiers et la Commanderie a joué un rôle important à partir du XIIème siècle.

La Commanderie des Templiers de Senercy - XIIème siècle
1 janvier 1142

Les seigneurs de Senercy

On ne connaît que deux seigneurs à Senercy. En 1142, Robert, chevalier de Senercy et en 1158 Raoul de Senercy.
Cette noblesse est d'origine militaire.

11 août 1792

Senercy : un bien national

La propriété était une possession de l'Abbaye Saint-Prix donc de l'Eglise Catholique, on parle aussi de "Domaine de la Couronne".
A partir de 1789, la Révolution française commence. Le chaos règne.
Le décret du 2 Novembre 1789, permet à la République de confisquer ces biens via un processus d'aliénation décidé par la loi du 9 juillet 1790 pour résoudre la crise financière. Le Domaine de Senercy est alors aliéné, et mis en vente en tant que "Bien du Domaine National" le 11 août 1792.
Il sera racheté par Antoine Fouquier de Tinville, surnommé "La hâche de la Terreur". Il était l'accusateur public de la République. On lui doit le procès de Charlotte Corday (17 juillet 1793), de la reine Marie-Antoinette (14-16 octobre 1793), des Girondins (3-9 brumaire an II), de Madame du Barry (16 - 17 frimaire An II), des Carmélites de Compiègne (29 messidor An II), de Robespierre. Et bien d'autres ...

Ainsi, durant les dix-sept mois qu'il occupa ce siège d'accusateur public, Fouquier-Tinville a requis et obtenu la mort de plus de deux mille personnes.
Il sera condamné à mort et ses derniers mots seront : "Je meurs pour ma partie et sans reproche. Je suis satisfait : plus tard, on reconnaîtra mon innocence."

Senercy : un bien national
10 janvier 1828

La maison des Meuniers

Les meuniers de Senercy ont pour la plupart fait fortune.
De 1828 à 1831 le moulin appartenait à Jean-Louis Blin. Il s'en défit en 1831 et le moulin fut acquis par Romain Belin, cultivateur de Senercy.
À cette époque le meunier vivait face au Moulin, à l'emplacement actuel du terrain de tennis. Le poulailler encore debout faisait partie intégrante de la maison du meunier.

15 octobre 1830

Un accident dramatique

Le 15 Octobre, le nommé Joesph AILLOT, âgé de 13 ans, décède au Domaine de Senercy après s'être fait traîner sur 200m par son poulain. Ce malheureux jeune homme est mort des suites de cette funeste course.

Un accident dramatique
12 mai 1838

La 1ère démolition du Moulin en 1838

Romain Belin, propriétaire du Moulin de Senercy, procéda à la démolition de celui-ci 7 ans après son acquisition pour l'agrandir et le doter d'une meilleure capacité de production.
La reconstruction fut achevée en 1839.
Romain Belin légua en viager à son fils, Théodore, meunier de profession, en 1842 le Moulin. Les affaires sont bonnes pour la famille Belin, Theodore rachète toutes les terres de Senercy en 1846.

15 janvier 1848

Le Château de Senercy

Construit par Romain Belin en 1848, le château de Senercy était une imposante maison de maître par ses vastes proportions et son portique à colonnes, le château était entièrement en briques, avec chaînes d'angles et pilastres à refends, bandeaux horizontaux, corniches et encadrements de fenêtres en pierre.
Le château comprend au rez-de-chaussée : un grand salon, un petit salon, deux salles à manger, deux chambres à la suite, salle de bains, office, cuisine, arrière cuisine, galerie vitrée, et deux escaliers. Au ier étage : 9 chambres à coucher, cabinets de toilette. Et grenier avec mansardes, conciergerie, écurie, laiterie.
Il est mis en vente le 13 février 1897.
Il sera détruit par les Allemands en 1918, il ne subsiste aujourd’hui la porte.

Adolphe Jerome : le bâtisseur

Conçu par Jerome, le moulin à farine de Senercy est une petite usine, , long de six travées, il s'élève sur trois niveaux. Jérôme veut une architecture industrielle, il couvre le moulin d'ardoises, il fait creuser de grandes ouvertures. C'est un "moulin à cheval", il enjambe l'Oiselle qui se divise en deux coursiers. L'un alimente la roue du Mouline, l'autre régule l'arrivée de l'eau. Deux systèmes de décharges sont créés pour réguler le débit de l'eau parvenant au Moulin. Adolphé Jerome décide faire construire un canal de décharge qui contourne aujourd'hui le Manoir de Senercy.

4 décembre 1888

L'affaire Plain

M. Plain, est un délinquant multirécidiviste richissime qui fit couler beaucoup d'encre. Il loue le château de Senercy et y créé la société d'assurances de la Ville de Saint-Quentin.
Il mène un grand train de vie, et possède en 1888 2 chevaux, 3 voitures et 4 domestiques. Sa maîtresse est plus jeune que lui de 20 ans.
M. Plain se faisait alors passer pour le maire de Saint-Quentin, on l'appelait "Monsieur le maire" et se présentait comme "Le Seigneur de Senercy". Il escroquait les honnêtes habitants de l'Aisne, en vendant de fausses souscriptions. Après une brouille avec Continant son associé, qui porte plainte. Le parquet réalise une perquisition du Château de Senercy.
Déjà condamné pour escroquerie : le 29 mai 1875 à un an de prison, le 7 août 1879 à 18 mois de prison, le 24 décembre 1879 à 6 mois de prison. Le 13 décembre 1888, le jugement est rendu contre l'escroc de Senercy M. Plain, il est condamné pour la 7ème fois, et cette fois-ci à 5 ans d’emprisonnement, et à la fin de sa peine il sera relégué aux colonies.

L'affaire Plain
11 mai 1913

La Sucrerie de Senercy

La sucrerie de Senercy est une usine produisant du sucre par extraction de la betterave sucrière. Elle fut fondée en 1855 par M. Belin et Hardouin.
400kilos de sucre sortait chaque jour de l'usine. La sucrerie est fermée le 22 avril 1913 et vendue à démolir à M. Armand de Valenciennes pour une somme de 250.500 francs.
Il ne reste en mai 1913 plus que 13 sucrerie dans l’arrondissement, elles étaient 34 en 1880, 29 en 1890, 22 en 1900, et 15 en 1910.

La Sucrerie de Senercy

Le recensement de la population - 1047 - 1700 - 1891

Senercy était avant d'être donné à l'Abbaye Saint-Prix le fief des Comtes du Vermandois. En l'an 1047, c'était un hameau de 45 habitants. En 1700 il n'y a plus que deux ménages. Mais peu après l'ère Napoléonienne et la Révolution Industrielle, Senercy retrouve de intérêt, la population y reviens, le dernier recensement de 1891 comptabilise 41 habitants.

17 juin 1870

Adolphe-Romain Jérome et le Moulin

Après que Théodore Belin donne à Senercy une notoriété régionale et presque nationale : le Haussmann de Senercy c'est Adolphe Jerome qui acquit le le Moulin, mais pas le château (il est racheté par Benjamin Lefèvre).
Jerome est un mécanicien de Francourt plein d'ambition. Il décide en 1867 de démolir le moulin de la famille Belin et de construire celui que nous connaissons aujourd'hui et qui fut achevé en 1870. Il est reconstruit à l'emplacement exact de l'ancien moulin et sur ses fondations on peut encore apercevoir une pière gravée par la famille Belin en 1839 portant l’inscription : "Veuve Belin Romain 1839".

Adolphe-Romain Jérome et le Moulin

La construction du Manoir de Senercy

En 1875, quelques années après avoir achevé le moulin, Adolphe Jérome fit édifier une maison luxueuse sur la rive opposée au Moulin.
Cette maison a été appelé "le Manoir de Senercy". Par soucis d'esthétique, et parce que la période est prospère, quelques années après la construction du Manoir, Adolphe Jérome, fit ajouter une tourelle et une aile portée par des colonnes.
En 1880, il devient l'entier propriétaire du Moulin, et donc du hameau de Senercy.

La construction du Manoir de Senercy

La Roue de Senercy

Comme tous les moulins de l'Oise, rivière dont les chutes ne dépassent guère 1,60 m, le Moulin de Senercy est doté d'une roue de dessous. Celle-ci est métallique . Ses pales sont courbes afin d'être mieux entraînées par le courant. C'est l'ingénieur Poncelet dans les années 1820-1830 qui avait réalisé une étude des cours d'eau de Senercy qui permis de faire construire cette roue encore visible aujourd’hui.
La roue fonctionna jusqu'en 1914 date à laquelle les allemands ont volé une pièce motrice de la roue en cuivre. Depuis la roue est bloquée, et est classée à l'inventaire des Monuments Historiques.

1 janvier 1882

La famille Millot entre en possession du Domaine

En 1882, le gendre d'Adolphe Jerome, Oscar Millot (1845-1926) devient le propriétaire de l'ensemble. Son fils Raoul (1882-1977) en hérite en 1905. La dynastie des Millot produisit de la farine à Senercy jusqu'à la Première Guerre mondiale.

20 août 1914

Les hommes tombés au front en 14 à Senercy

Senercy a été le lieu de violents combats en 14. Sur le Domaine 6 soldats français : COLLET, DAIGREMONT, JULIENNE, LECANU, MENOBLE, SAMSON sont tombés.
Lors de fouilles, un fusil Lebel et de l'équipement ont été retrouvé, ils sont exposés dans le Salon 14 du Manoir.

Les hommes tombés au front en 14 à Senercy

La ligne Hindenburg à Senercy

La ligne Hindenburg est un vaste système de défenses et de fortifications au nord-est de la France pendant la Première Guerre mondiale. Il est construit par les forces armées allemandes pendant l'hiver 1916-1917. La ligne s'étend sur près de 160 km, de Lens, près d'Arras (Pas-de-Calais), jusqu'à l'Aisne, près de Soissons. Elle a été construite en cinq mois par 500 000 ouvriers dont des civils allemands et des prisonniers de guerre russes.
Les Allemands construisent alors un bunker à 100 mètres du Manoir. C'est un abri d'hommes et de munitions. Il a été retrouvé, des tôles métro qui servaient aux soldats allemands de protection contre les éclats d'obus.

La ligne Hindenburg à Senercy
13 octobre 1918

L'offensive de l'Oise

À la suite des combats menés par la 1ère Armée depuis le 8 août, le front français borde la rive Ouest de l'Oise. Le 13 octobre 1918, le 1er bataillon du 412è régiment d'infanterie doit se charger de déloger l'ennemi de la rivière et du canal. Deux assauts sont donnés : le 11, et le 12 :ils échouent. L'offensive commence le 13 octobre à 7h15 du matin, les forces françaises poussent l'ennemi jusqu'à Senercy qui se replie au canal 500mètres plus loin.
Le manuel "Cours d'emploi des armes" de Saint-Cyr de 1934 décrit les opérations militaire de Senercy.
On peut aujourd'hui remarquer les pignons du Moulin de Senercy qui ont été endommagé lors de l'Offensive.
Lors de fouilles dans le parc de Senercy, il a été retrovué de très nombreuses munitions, et un fusil Lebel (fusil français) chargé.

L'offensive de l'Oise
16 mai 1926

Le décès de Lucien Gaisne

Le jeune cycliste Lucien Gaisne de 22 ans est décédé sur la route de Senercy après avoir été percuté par un véhicule le 16 mai 1922. Le chauffeur pris la fuite !

Le décès de Lucien Gaisne
1 janvier 1940

Les Allemands à Senercy

Lors de la défaite de la France en 1940, le Manoir de Senercy est occupé par les Allemands.
Nous n'avons pas pu récupérer d'archives photos ou papiers à ce jour de cette période. Seul le témoignage de la Famille Millot nous laisse imaginer cette période.
En effet, les Allemands occupaient le Manoir, et lors de soirées trop arrosées, la vaisselle était jetée par la fenêtre directement dans le déversoir.
En 1944, lorsque les américains arrivent, les allemands pour défendre le canal creusent tout autour du Domaine et sur la route de Senercy des trous d'homme et un panzer stationna au premier pont en direction de Senercy.

Les Allemands à Senercy
26 mai 1956

La succession de Raoul Millot

Raoul Millot, légua le moulin et les parcelles attenantes à ses six enfants : Jacques, Anne-Marie, Jean, Jacqueline, Etienne, et Roger.
Brigitte Millot de Jacques, racheta la propriété à ses oncles et tantes, le 26 juillet 1989. Elle entreprit la restauration du Moulin, de la roue

21 octobre 1994

Le classement du Moulin à l'Inventaire des Monuments Hitoriques

Le Moulin de Senercy construit par Adolphe Jerome est inscrit à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques le 21 octobre 1994.

Le classement du Moulin à l'Inventaire des Monuments Hitoriques

Bastien Millot et Senercy

Bastien Millot né en 1972 à Saint-Quentin, est un homme politique, numéro trois de France Télévision et aujourd'hui Avocat au Barreau de Marseille.
Bastien Millot a ouvert le Domaine de Senercy au public.
Après plus d'un siècle d'occupation par les Millot, la propriété est vendue.

Bastien Millot et Senercy

Le rachat de Senercy par un Breton

En 2017, Eric QUINTIN, né à Saint-Brieuc, rachète la propriété à Bastien Millot.
Il réalise d'importants travaux dans le parc et les intérieurs et développe l'activité d'accueil touristique. Passionné par l'Histoire et la Collection, il thématise Senercy et lui redonne un second souffle.
Une gouvernante est alors embauchée et deux jardiniers pour l'entretien du parc.

13 juin 2020

Redécouverte de Senercy

Eric QUINTIN passionné d'histoire a organisé le 13 juin 2020 un week-end pour recueillir le témoignage de ceux qui ont vécu au Domaine de Senercy, et ont raconté leurs souvenirs.

Redécouverte de Senercy

DES QUESTIONS?

Domaine de Senercy

Hameau de Senercy, 02240 Séry-lès-Mézières